Le compte High-Low d'Edward Thorp

Edward Thorp jouant au Blackjack

L'idée d'Edward Thorp sur le comptage des cartes au Blackjack était de calculer comment le fait d'enlever certaines cartes du jeu affecter les chances de gagner.

Il fit une découverte intéressante. En terme de conséquences sur les chances de gagner, certaines cartes étaient plus importantes que d'autres. Et ceci en raison d'une règle majeure du Blackjack : Pendant une partie, un joueur peut rester, c'est à dire refuser des cartes supplémentaires quelle que soit la valeur des cartes qu'il a en main. Ainsi, un joueur ayant une main égale à 15 peut choisir de rester pour ne pas risquer de sauter. Mais la règle dit que le croupier ne peut pas rester tant qu'il n'a pas atteint au mois 17. Ainsi, si un joueur s'arrête à 15 et que le croupier à 16, ce dernier est obliger de tirer encore au risque de tirer une carte de forte valeur qui le fera sauter. Donc s'il reste dans le sabot plus de cartes de forte valeur que de cartes de faible valeur, le croupier a plus de chances de sauter et le joueur plus de chances de gagner.

Thorp avait compris que s'il arrivait à mémoriser combien de ces cartes de forte valeur restaient dans le sabot, il pourrait alors mettre au point une vraie stratégie pour gagner au Blackjack. La stratégie imaginée par Thorp était d'une merveilleuse simplicité. Présentant que mémoriser la valeur exacte de chaque carte serait beaucoup trop ardu, il élabora une stratégie basée sur des approximations et sur un calcul mental des plus élémentaire.

Il commença par diviser les cartes en trois groupes, puis assigna une valeur moyenne à chacun de ces groupes : Au groupe constitué des cartes allant de 2 à 6, il attribua une valeur de +1, parce-que retirer ces cartes du sabot était bénéfique pour le joueur. Au groupe constitué des 7, 8 et 9, il donna la valeur 0, mais aux 10 aux As et aux figures il attribua une valeur de –1, parce que retirer ces cartes du sabot était nuisible au joueur étant donner que sans elles, le croupier avait moins de chances de sauter. Ce système fut appelé le compte High-Low.

Grâce à cette méthode, un joueur pouvait se faire une idée de la valeur totale des cartes qui avait été jouées en ajoutant ou en retirant « 1 » à chaque fois qu'une carte était dévoilée.

Quand le résultat avait une valeur négative, le jeu favorisait considérablement le casino. Quand le résultat atteignait 0, le casino avait un avantage minime. Mais quand le résultat devenait positif, le jeu tournait à l'avantage du joueur.

Edward Thorp - Beat the dealer

En mémorisant un seul chiffre, le joueur pouvait prédire quand le jeu allait tourner à son avantage. Il lui suffisait alors de miser très gros pour faire sauter la banque. Malgré sa merveilleuse simplicité, la stratégie de Thorp se révélait d'une efficacité redoutable. Elle faisait passer l'équilibre des forces d'environ 5% au profit du casino à 1% au profit du joueur.

Thorp fit paraître un livre dans lequel il exposait tous les secrets de sa stratégie. Ce fut un succès immédiat et avec plus de 300.000 exemplaires vendus, il finit par figurer au tableau des best-sellers de l'époque. Le livre présente une analyse exhaustive du Blackjack réalisée avec le concours de l'informatique et bien qu'il reprenne dans les grandes lignes les théories de Baldwin et consorts, il propose des applications pratiques.

Pour la première fois, les amateurs de 21 découvraient une stratégie de base qui dicte toutes les décisions de tirage pour les joueurs ne comptant pas les cartes. Conjointement à cette stratégie, Thorp présentait une méthode de comptage assortie d'une gestion financière et de modulations des règles de tirage. La méthode étant très performante, elle ne tarda pas à faire de nombreux adeptes. Si bien que vers le milieu des sixties, les compteurs affluèrent à Las Vegas.

Les casinos commençairent à perdre des fortunes. Il devenait urgent de faire quelque chose pour arrêter ceux que l'on appelait maintenant : les compteurs de cartes.

En 1966, Edouard O. Thorp récidiva et sorti une seconde édition de « Beat the Dealer ». La raison de cette réédition : présenter une version considérablement simplifiée de la méthode de comptage afin de la rendre abordable à un grand nombre de joueurs. Il faut dire que la première version, bien que fort efficiente, avait été conçue d'un point de vue strictement mathématique et négligeait trop le facteur humain. Cette fois, il s'agissait d'un véritable manuel pratique avec une technique de comptage du type de celle mise au point par Charles Goren pour le bridge.

> La suite avec la contre-attaque des casinos.

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